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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 00:13

Le 13 mars 2012, dans le cadre de la campagne des Présidentielles et des Législatives, Jean Arthuis nous a proposé une intervention mémorable dans les locaux du MoDem. En conclusion d'un discours académique brillant, il argumentait que du fait de la gestion des dettes des Etats par les nations constitutives de l'Eurogroupe, la création des Etats-Unis d'Europe devenait inéluctable .

 

Avec le temps des questions, j'ai pu finalement intervenir pour affirmer que ce genre de considération ne pouvait tenir pour argent comptant. J'ai alors rappelé la souveraineté du citoyen. En quoi une Union de Nations peut-elle être construite, sinon sur la base d'une souveraineté améliorée de chacun des citoyens ? On ne base pas une Union de Nations sur la gestion du

passé, du passif quelque part, mais bien sur un projet d'à venir, dans lequel chacun des citoyens retrouvera ses objectifs de bonheur, en un mot sa souveraineté. Dans l'écriture d'à venir, au lieu d'avenir, mot qui ne veut rien dire en soi, je veux signifier l'importance de la création humaine dans l'organisation des activités elles-mêmes anthropiques.

 

Ma première réflexion sur l'Union des Nations, va vers un concept unique dans leur temps. Le premier temps a été la France, qui a finalement unifié ses territoires, parfois sous l'exercice de la force, mais que des très grands rois et ministres ont su finalement unifier en un seul mouvement. Qui pense à Suger, Louis IX, Louis XI, Leonardo et le roi François, Sully et Henri IV, Colbert comprend de quoi je parle. C'est d'ailleurs avec l'impulsion de Colbert qu'est créée l'Académie Royale des Sciences à laquelle viennent participer toutes les meilleures âmes de l'Europe, à commencer par G.W. Leibniz, C.Huyghens, Fermat et, sans oublier Denis Papin, aussi de nombreux autres. De ce terreau fertile naîtra l'idée du droit inaliénable à la recherche du bonheur.

 

Ma deuxième réflexion, concerne les Etats-Unis d'Amérique : depuis la France et depuis  l'Allemagne, qui ne connaît pas encore son nom, des milieux européens aristocratiques, certes, mais finalement républicains, réussissent à produire Johann Sebastian Bach. On crée en Amérique une cellule de producteurs qui vont finir par s'opposer au régime de l'Empire Britannique. Ils se réunissent et finissent par adopter une langue commune, l'anglais, même si elle fut adoptée face à l'allemand dans le dernier tour final à Anacostia à une seule voix près. Les Etats-Unis d'Amérique, ont su unir en leur sein toutes les origines européennes, autour d'un même projet : la conquête de la Frontière, ces contrées qui étaient au-delà des connaissances des treize premières colonies. Il y avait un défi. Ce défi a été relevé, au point que dans notre Histoire les USA sont venus deux fois à notre secours.

 

Et notre enfant, avec juste raison vient nous donner des leçons. Au risque de mourir prématurément, il me semble nécessaire de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour préparer notre renaissance, une troisième renaissance après celle de Suger et des cathédrales, lieux de transmission du savoir, d'histoire mais aussi de pouvoir, après celle, la deuxième, du Cusain construite autour de deux concepts imago viva dei et capax dei qui n'en forment finalement qu'un : l'être humain âme vivante de Dieu muni de ses pouvoirs créateurs pour parachever la Création.

 

La première chose, il faut que l'Europe ré-apprenne à promouvoir la création. Avoir confiance dans ses jeunes générations, qui elles aussi doivent croire au droit inaliénable à la recherche du bonheur. Ce n'est  pas sur le passif que l'on peut construire l'Europe. C'est sur l'édification d'un avenir. Je pense qu'autour de l'oeuvre de G.W.Leibniz, et notamment autour de son testament, la monadologie, on peut construire une troisième renaissance. Ecrit en français, à Leipzig, en sa retraite, cet ouvrage est d'une portée philosophique incroyable pour son époque : un texte très court finalement mais qui place l'Homme au centre de la création. L'Homme ne peut exister sans Dieu, mais Dieu ne peut exister sans l'Homme.

 

Alors la situation à laquelle nous faisons face, est des plus compliquées. Pourquoi, cette situation est-elle devenue aussi compliquée ? Sinon, parce que en 1992, au lieu de construire les infrastructures nécessaires vers l'Est de l'Europe, en augmentant la productivité de chacun des citoyens de ces pays, renforçant ainsi leur foi en un projet d'avenir, on s'est contenté de gérer des dettes plutôt que des crédits, au nom d'une modernité finalement bien archaïque.

 

Nous avions l'opportunité de créer les Etats-Unis d'Europe ; on a fait Maastricht. Idiotie ! J'ai personnellement voté non à Maastricht devinant déjà la voie sans issue sur les rails de laquelle les ultra-libéraux voulaient faire glisser le projet européen. Nous y sommes aujourd'hui : même dans les années trente, aucune nation constituant l'Union Européenne n'a connu de tels taux de chômage et un tel pessimisme. Où en est une société au sein de laquelle, seuls 10% de ses membres en âge de voter croient encore en l'avenir ?

 

Alors le projet que je vous propose aujourd'hui n'est pas basé sur ce que nous n'avons pas fait, mais sur ce que nous aurions pu faire et que nous devons faire.

 

Commençons par la souveraineté du citoyen européen nécessairement liée à sa liberté et à son droit inaliénable à la recherche du bonheur. Nous devons avec toute la société reconnaître que lui seul, mais avec toute la société, doit être maître de son destin, pourvu que l'on sache décliner « le citoyen » au masculin et au féminin. Aussi, cette conception appelle t-elle, comme un élément naturel des choses, l'élection d'un unique Président au suffrage universel, de quelque nationalité ou de quelque genre qu'il soit. Ce Président doit bien voir que son mandat est réduit dans le temps, disons cinq ans. Sur le modèle américain, il constitue autour de lui un gouvernement, une équipe de ministres, qui doivent être légitimés par le Parlement Européen élu selon les modalités actuelles. Auprès de ce Parlement, on doit réfléchir à la création d'un Sénat, dont chacune des nations enverrait un nombre fixe d'élus, quelle que soit l'importance de son poids démographique, économique, ou plus difficile à mesurer encore, son poids culturel. Trois par nation constitutive me paraît un bon chiffre pour compenser les excès que peut engendrer une lecture trop stricte du principe de subsidiarité.

 

C'est ainsi que la Commission Européenne doit redevenir ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être : une administration

 

Si le principe de subsidiarité a pu s'avérer efficace dans le domaine aéronautique au travers de la création de l'EASA sise à Cologne, et dans les règles imposées par l'OACI, émanation de l'ONU, en ce qui concerne la certification des avions civils, il est des domaines liés à la culture propre à chaque nation constitutive que le principe de subsidiarité ne saurait gérer, et donc la Commission Européenne ne saurait gouverner. Par exemple, si les français, les grecs, les italiens veulent manger du fromage au lait cru, sans pasteurisation, c'est leur droit et aucune autorité supranationale ne saurait aller à l'encontre de ce vœu., surtout si cette autorité n'est pas élue. Et en quel nom, le Président de la Commission Européenne peut-il se permettre de tancer la France sur sa politique culturelle dans le cadre des négociations devant mener au libre-échange entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Union Européenne. Je joins ainsi ma voix à celle de nombreux autres pour réclamer la démission de M. Barroso qui est clairement sorti du champ de ses prérogatives.

 

Mais quelles devraient être ces nations constitutives dont je ne cesse de parler ? Sinon celles qui ont démontré leur attachement à la construction européenne, celles qui historiquement ont embrassé l'Euro et ont visé les objectifs des accords de Schengen.

 

Mais, pour créer les Nations-Unies d'Europe, il faut beaucoup plus. Il faut créer un « au-delà », un projet qui fasse sortir le meilleur de chaque âme humaine. Nous n'avons pas l'espace suffisant pour développer cette Frontière qui a animé la population des treize colonies fondatrices. Mais nous avons l'espace, nous avons la perspective de Mars. Nous en avons en même temps les moyens. Il s'agit de reprendre le projet du Président Kennedy : s'il a finalement conclu son contrat avec l'Humanité, malgré son assassinat, un homme sur la Lune en 1970, son projet d'envoyer un homme sur Mars en 1980 à l'aide de fusées nucléaires est resté lettre morte. Pour réaliser ce projet purement européen, dans le sens culturel de cet adjectif, on devra construire les infrastructures nécessaires autour d'un Triangle Paris-Berlin-Vienne, tel que nous l'avions défini au début des années 1990, avec pour but d'augmenter la productivité des Européens. Une société vieillissante qui nécessite la mobilisation d'une main d'oeuvre jeune pour l'entretien de ses anciens exige un accroissement significatif de la productivité et n'a rien à faire d'une augmentation de sa compétitivité. Même le projet de Jacques Delors dans son dernier livre blanc, une version très allégée de notre projet, n'a pas pu trouver son application du fait de l'application des règles imposées par Maastricht, 3% de déficit sur les budgets nationaux, 60% sur la dette cumulée des Etats.

 

Les Nations-Unies d'Europe ne pourront développer leur idéal qu'en revenant aux bonnes pratiques économiques des Etats, c'est à dire en revenant à un système monétaire dans lequel le Trésor peut présenter ses escomptes à une Banque Nationale. On reviendrait ainsi à un système économique basé sur le crédit et non plus sur la gestion des seules dettes. On redécouvrirait alors ce qu'un taux de croissance de plus de 5% signifie réellement.

 

Car notre belle vieille Europe endormie doit redécouvrir la joie de vivre.

 

Bruno LARDOUX, ingénieur

 

 

Paris, le 18 juin 2013

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commentaires

medical billing jobs 07/08/2014 14:46

TO THE UNITED NATIONS OF EUROPE is an eye opener for the readers and the leaders that highlight about the pushing social issues and problems. I hope the matters are discussed by the leaders effectively and best decision is made for the welfare and security.

lardoux 03/11/2014 12:29

I hope so!

personal statement residency 20/03/2014 10:23

Je suis bourse pacifique de vous , mais je suis difficile à atteindre mes eagers . Je nombre de conférences vraiment épice qui est affiché sur votre blog . Retient les informations en appuyant sur

Jérôme Ferru 20/09/2013 18:21

Oui Bruno, il est grand temps de reprendre l'initiative :

- En Europe, afin d'organiser une vraie union fédérale ;
- En France, afin d'adapter (changer ?) notre vieille constitution aux réalités nouvelles.

Ne pas reprendre la main, c'est laisser l'Europe et la France s'enfoncer tous les mois un peu plus encore.

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